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Histoire des collections d’affiches de Genève

HISTOIRE DES COLLECTIONS PUBLIQUES D’AFFICHES DE GENEVE

la longue quête de leur sacralité patrimoniale

par Jean-Charles Giroud

Conférence donnée au Colloque du Catalogue collectif suisse à la Bibliothèque nationale de Berne le 15 novembre 2012 (texte mis à jour en avril 2017)

Une collection patrimoniale de quelque nature que ce soit obéit à certaines règles de création dans lesquelles l’Etat au sens large joue un rôle essentiel. Par sa pérennité, celui-ci lui permet d’assumer  un rôle fondateur en matière d’identité collective. L’histoire des collections d’affiches à Genève peut illustrer le long chemin à parcourir parfois avant d’atteindre le statut patrimonial qui les pérennise, les rend accessibles et vivantes, les intègre pleinement à la mémoire collective. 

 

L’auteur de ces lignes a travaillé à la Bibliothèque de Genève de 1978 à 2012, années durant lesquelles la collection d’affiches lui a été confiée. Il a été témoin de certains des événements décrits ci-dessous. Il y a parfois participé.

 

 DE L’EXISTENCE DES AFFICHES

L’utilisation de l’espace public à des fins de communication est sans doute née avec les villes. Des affiches de Thèbes aux graffitis de Pompéi, de la propagande politique aux annonces de combats de gladiateurs, des enseignes aux premiers placards du moyen âge, la démarche d’information reste la même vu sa simplicité, son faible coût et son efficacité : atteindre un maximum de personnes, leur transmettre un message et attendre en retour – avec plus ou moins de succès – un certain comportement. Les affiches imprimées sur support papier sont sans doute nées avec l’imprimerie. Le pouvoir politique tente le plus souvent d’en règlementer l’usage.

A Genève, comme partout, les affiches existent depuis des temps immémoriaux. Aux dix-neuvième siècle, une énorme production en tout genre envahit les murs. Le marché des placards se répartit entre plusieurs imprimeries disposant des polices de caractères et des décors nécessaires. L’affichage lui-même représente une véritable industrie avec des dizaines d’afficheurs. C’est le moyen de communication urbain privilégié, efficace et bon marché mais également peu considéré puisqu’il occupe dans la rue tous les endroits possibles sans attention particulière. De ce fait, il est souvent considéré comme une lèpre.

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A la fin du dix-neuvième siècle avec le développement de la consommation, ce média, comme ailleurs, connaît une mutation profonde. Sous l’impulsion des artistes, l’image et l’art s’invitent dans sa réalisation. L’affiche illustrée remplace peu à peu les placards de texte. Cette évolution et une amélioration de l’affichage changent la nature et le statut de l’affiche. Celle-ci devient un moyen de publicité et de propagande de qualité, recherché, incontournable …et coûteux. Elle s’impose dans tous les secteurs, du tourisme à la culture, en passant par la publicité et la politique. Genève et la Suisse brillent dans ce nouveau domaine d’expression graphique. Diffusant des images puissantes, synthétiques, significatives, reflétant les besoins et les valeurs d’une société, liées parfois à de grands événements historiques, les affiches reflètent la société d’une manière exceptionnelle, intéressantes même dans leurs défauts et leurs exagérations. Elles constituent une mémoire unique et spécifique.

 

DE L’EXISTENCE DES COLLECTIONS PATRIMONIALES

Par leur nature même – le support en papier, leur présence à l’extérieur le plus souvent, leur fragilité, leur courte mission –, les affiches sont vouées à l’éphémère. Cependant leur caractère public impose une présentation soignée. Ainsi, même imprimés sur du papier de mauvaise qualité, les placards sont composés avec le plus grand soin. Ils sont parfois de véritables chefs-d’œuvre typographiques.

Du point de vue de leur conservation, nulle part ils n’ont vraiment retenus l’attention. Les collections publiques de placards publicitaires ou politiques sont donc d’une grande rareté. Cette situation peut se comprendre. Constituer une collection publique entraîne toujours des conséquences et des coûts à long terme en matière de collecte, d’enrichissement, de traitement, de stockage, de conservation, de valorisation. Elle ne peut qu’être motivée par des motivations patrimoniales majeures, une conscience forte et partagée de son identité et de sa continuité. Une telle décision est donc lourde de significations et toujours réfléchie tant elle engage l’avenir, en particulier pour les affiches dont la conservation est complexe vue leur fragilité et leur format. Au 19e siècle, les placards sont le plus souvent considérés comme des imprimés sans importance, liés à la vie quotidienne, ne justifiant pas une mesure de conservation[1].

Il est vrai que l’intégration de documents ou d’objets[2] à des collections publiques – par définition pérennes car inaliénables et conservées indéfiniment – leur donne un statut nouveau. Ils sortent alors du cycle naturel « naissance-vie-mort » pour être conservés au-delà de leur utilité et usure « normales ».  Intégrés au patrimoine d’une collectivité, ils entrent dans un nouvel ordre temporel qui en prolonge l’existence. Participants à la mémoire collective, ils prennent une signification, une importance sociale particulière car considérés comme porteurs d’une part d’identité[3]. A ce titre, ils sont sacrés et doivent être protégés. Par la magie de la permanence de l’Etat, ils sont portés vers une certaine immortalité, ce qui est particulièrement significatif pour les affiches, média éphémère par excellence[4].

Tout ne peut être devenir objet patrimonial. Une sélection sévère permet garder la maîtrise des collections et de leur sens fondamental. Le caractère patrimonial est ainsi réservé à quelques collections emblématiques et significatives. Les affiches devraient, par exemple, être considérées comme portant la mémoire historique ou législative de la communauté, être reconnues comme des œuvres d’art significatives, donner des représentations de la société suffisamment pertinentes et influentes pour en garder la trace, etc. Une validation politique s’imposerait alors car la conservation patrimoniale engage l’Etat qui seul dispose de la légitimité, de l’autorité, de la pérennité pour intégrer à son patrimoine une collection qui participera ensuite de son être et qu’il devra perpétuer. Cette prise en compte politique peut prendre plusieurs formes : un acte officiel, une loi, un règlement d’application, une lettre, pourvu que ce document manifeste clairement la volonté de l’Etat.

Pour concrétiser cette décision, des moyens concrets se révèlent nécessaires, en l’occurrence le plus souvent des institutions publiques dévolues à cette mission, essentiellement des archives, des bibliothèques, des musées qui, comme émanations de l’Etat, participent à sa pérennité. Elles transforment la volonté politique en actes par le développement et la mise en œuvre d’une politique d’acquisition, d’inventaires, de conservation, de mise en valeur. Des inventaires ou des catalogues se révèlent comme le minimum vital d’une prise en compte collective d’un patrimoine.

 

DES COLLECTIONS D’AFFICHES A GENEVE

A la lumière de ces considérations, l’histoire des collections publiques de Genève illustre bien les différents stades qui amènent à la constitution de collections patrimoniales.

Les collections de l’Etat et de la Loi

Les affiches officielles et la mémoire du pouvoir

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Depuis des siècles, l’Etat utilise le placard pour publier ses décisions, les mettre en œuvre, informer les citoyens. Il en a fait un lien essentiel avec le peuple. Par lui, il affirme son autorité et assure l’ordre. Un placard affiché possède une force de contrainte qui continue même une fois disparu des panneaux d’affichage. Il doit donc être conservé soigneusement comme mémoire de cette décision.

L’Etat les sépare du reste de la production privée. A Genève, les placards officiels ont l’exclusivité de l’encre noire sur du papier blanc. Ils disposent dès 1848 de panneaux d’affichage réservés[5]. Ils sont donc « à part » et protégés par la loi. Leur décoration est inexistante ou limitée à des armoiries officielles (avec interdiction pour un privé de les utiliser) et à des lettres décorées qui leur donnent majesté et gravité.

L’Etat doit donc en garder la mémoire, sauvegarde de son autorité. Les Archives d’Etat de Genève rassemblent depuis des siècles les placards et affiches diffusés par l’Etat. Historiquement, cette collection est la première de Genève, celle de la mémoire du pouvoir.

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Les affiches privées et la loi sur le Dépôt légal

unnamedDepuis 1539, le Dépôt légal genevois fait l’objet d’une loi qui sera mal appliquée. Il n’est jamais appliqué aux placards privés. En 1798, avec l’annexion de Genève à la France, la loi de la République s’applique. Le Dépôt légal continue. Les livres et documents sont déposés à Paris jusqu’en 1813. Les affiches privées doivent être imprimées sur papier de couleur ou barrées. Elles ne font pas l’objet d’intérêt patrimonial.

 

Le 2 mai 1827, Genève, devenu canton suisse, établit la loi sur la presse qui instaure le dépôt légal : son article 20 impose à l’imprimeur d’un écrit imprimé dans le canton l’obligation d’en déposer avant toute publication deux exemplaires à la Chancellerie d’Etat. La formule du législateur inclue les affiches privées. Le dépôt doit se faire avant la publication pour autorisation ou, éventuellement, interdiction. Que deviennent ces documents après leur dépôt ? Rien n’est prévu. La préoccupation n’est pas à la mémoire collective. Dans les faits, la Chancellerie d’Etat transmet ces documents à la Bibliothèque publique. Celle-ci est à l’époque une institution semi-privée, gérée par la Société économique qui s’occupe des biens des anciens Genevois. Elle n’appartient ni à l’Etat, ni à la Ville de Genève. Elle a très peu de moyens mais est considérée comme le lieu patrimonial par excellence. La Chancellerie n’a jamais transmis d’affiches sans doute parce qu’elle n’en reçoit pas. Au-delà de la volonté affirmée de contrôler tous les imprimés, la réalité se charge de fixer des priorités. Les affiches n’en font pas partie. Innombrables sans doute, elles sont définitivement perdues, mis à part les placards officiels évoqués plus haut.

Pour compléter son arsenal législatif, le Conseil d’Etat soumet en 1829 les estampes, les cartes et les partitions musicales à l’obligation de dépôt légal au Musée Rath. L’image publiée est donc également soumise au dépôt obligatoire et le souci de conservation est manifeste. Mais les affiches – des placards toujours sans image – brillent toujours par leur absence.

Un début de collecte

La collecte des affiches privées commence dans le sillage de la révolution radicale de 1846 et de la nouvelle constitution cantonale de 1847. La Bibliothèque est alors attribuée à la Ville de Genève, comme tous les biens des anciens Genevois. En 1851, le Conseil d’Etat décide que deux exemplaires de toutes publications doivent lui être versés[6]. Il n’est plus question de surveillance mais de conservation et de patrimoine. Le changement est considérable : le pouvoir politique décide de conserver les imprimés genevois et trouve la structure publique capable de le faire. Dès ce moment, les actes suivent, les affiches privées – essentiellement commerciales et culturelles – sont collectées. Le Dépôt légal s’applique avec beaucoup plus de rigueur. Un premier pas décisif est franchi dans l’établissement d’une collection d’affiches. Il faut attendre plus d’un siècle pour le deuxième.

Poitevin-affiche-1850-ou-18Les ouvrages, brochures, périodiques arrivent régulièrement à la Bibliothèque publique. Depuis 1851 – date des premières conservées –, les affiches sont collectées et accumulées (pour ne pas utiliser le mot « conserver » qui suppose des soins particuliers) de manière de plus en plus massive avec les années. Elles sont remises ensuite remises la Bibliothèque, mais les archives de l’institution n’en conservent pas le souvenir. D’ailleurs, devant leur masse sans doute, la Bibliothèque ni ne les catalogue, ni les met à la disposition du public. Les affiches sont entassées  et restent dans les limbes de la mémoire. Se comptant par dizaines de milliers, elles ne bénéficient donc toujours pas d’une conservation au sens strict du terme. Par la loi, elles font partie du patrimoine et la Bibliothèque publique se trouve contrainte de les garder. Si leur collecte et leur stockage fonctionnent, leur traitement, leur transformation en une collection vivante pose problème car la Bibliothèque n’a ni la volonté, ni l’intérêt, ni les moyens de créer une collection patrimoniale d’affiches. Celles-ci sont matériellement dans l’institution mais restent en dehors de sa conscience patrimoniale tant elles paraissent insignifiantes.

Le problème de la collecte se résout d’ailleurs de lui-même. L’afflux des affiches baisse régulièrement dès le début du vingtième siècle. Les dernières arrivent en 1910. La source se tarit lors de la disparition du Dépôt légal en 1907. Aucun effort n’est engagé par la Bibliothèque pour assurer la continuité de la collecte des affiches.

En résumé, une volonté politique de créer une collection d’affiches s’est manifestée. Une institution a été désignée mais aucun moyen ne lui a été accordé. Elle se contente donc de les recevoir et de les stocker. La capacité de pression de l’Etat sur la Bibliothèque reste limitée puisque celle-ci dépend de la Ville de Genève.

Mais dans certains domaines et dans d’autres institutions, les affiches rencontrent plus d’intérêt.

Les collections d’affiches thématiques

La bibliothèque du Théâtre : les affiches comme mémoire musicale

Fondée en 1877 avec l’achat par la Ville de Genève d’un fonds constitué principalement de musique d’opéra, la bibliothèque du Théâtre se développe avec une collection de partitions musicales en 1886. Un fonds de consultation est enfin. Grâce à des dons, la bibliothèque prend une certaine extension. Elle porte une attention particulière aux journaux, programmes de théâtre, affiches curieuses, autographes, gravures, etc. suisse et genevois « sachant qu’aucune collection spéciale analogue n’existe dans notre pays »[7].

4.08.1879Les ephemeras sont récoltés très tôt et cette sensibilité – qui continue aujourd’hui – est à souligner car elle est rare. De plus, elle prend en compte les affiches, ce qui est exceptionnel. Dans le domaine du théâtre, celles-ci sont jouent un rôle important en matière de communication. A Genève, elles doivent être soumises au Département de justice et police[8]. Le bibliothécaire manifeste une attention particulière à celles du Théâtre de Genève. Il leur témoigne une conscience institutionnelle à souligner. Des moyens – certes modestes – sont investis dans leur collecte et leur conservation. Cette collection existe toujours et est vivante. Elle est portée aujourd’hui par la Bibliothèque musicale, un des sites de la Bibliothèque de Genève.

Le Musée des arts décoratifs : la valeur artistique de l’affiche

En 1884, le Conseil municipal de la Ville de Genève vote la création du Musée des arts décoratifs qui ouvre l’année suivante sous la direction de Georges Hantz (1846-1920). Celui-ci reste à sa tête jusqu’en 1920, année de son décès. La nouvelle institution est installée à l’Ecole d’horlogerie, dans le quartier de Saint-Gervais. Elle a notamment pour but, au début de son activité, de proposer aux artisans et aux étudiants des exemples pour les aider dans leur travail ou leurs études. Elle donc avant tout au service de l’instruction.

Les moyens du Musée restent modestes, comme ses collections. Pour les enrichir, le Conseil administratif y ajoute les estampes des collections municipales et d’autres ensembles d’arts décoratifs. La question des affiches se pose au milieu des années 1890. En cette fin de siècle, l’ambiance est à l’affiche artistique. A Genève, on vend des affiches artistiques françaises à la Librairie Eggimann. Des expositions sont organisées, notamment celle de 1894 à l’occasion du concours pour l’affiche de l’Exposition nationale de 1896. Des affiches véritablement artistiques sont réalisées dès les années 1890 par l’imprimerie Noverraz et l’atelier d’Emile Pinchart (1842-1920). Dès 1898, des affiches sont réalisées par la Société genevoise d’édition Atar et par la Société suisse d’affiches artistiques. Celle-ci et le Cercle des arts et des lettres organisent des expositions. Sur les murs, les sociétés d’affichages collent des affiches artistiques étrangères, surtout françaises. Pour prendre un exemple célèbre, celles d’Alphonse Mucha (1860-1939) accompagnent les prestations de Sarah Bernhardt (1844-1923) au Théâtre de la Place Neuve.

pinchart-1896Mais tout n’est qu’initiative privée malgré quelques initiatives isolées[9]. Ainsi, en 1896, la Section des beaux-arts de l’Institut national genevois – qui a organisé le concours pour l’affiche de l’Exposition nationale suisse remporté par Emile Pinchart – présente au Musée des arts décoratifs l’exposition des vingt-six états de l’affiche, soit toutes les déclinaisons de couleur. Elle dure une dizaine de jour. En 1897, l’administration de l’exposition qui liquide les affaires se propose de les remettre soit au Musée des arts décoratifs, soit à la Bibliothèque publique. L’hésitation est à souligner. A cette époque, aucune des deux institutions ne s’impose naturellement en matière d’affiches. Finalement, la décision est prise de les offrir au Musée des arts décoratifs qui ne les enregistre même pas[10]. Pour une raison inconnue, elles sont finalement remises à la Bibliothèque publique qui les conserve toujours. En matière d’affiches, la confusion entre les deux institutions est forte. Cette péripétie souligne en tout cas le peu de cas que l’on semble porter à l’affiche[11].

Mais tout change vite. En 1898, la Commission du Musée des arts décoratifs bouge: Une question qui nous occupe depuis longtemps est celle des affiches artistiques. La Commission du Musée désirerait qu’un double de toute affiche posée sur les murs de notre ville, fût de droit, et obligatoirement, remis au Musée pour sa collection. Sur une démarche faite il y a quelques années, par M. Bourdillon, alors Conseiller Administratif, le Département de Justice et Police avait bien voulu nous promettre ses bons offices dans ce but ; mais les dispositions qu’il a pu prendre sont restées sans effet. Nous rechercherons le moyen de tenir compte du désir de la Commission et de constituer une collection qui présenterait un grand intérêt et acquerrait avec le temps un grand prix[12].

L’affiche artistique entre dans la mission du Musée des arts décoratifs qui a depuis sa création développé sa mission patrimoniale. Cette volonté obtient une validation politique et profite même d’une rare initiative de la Ville de Genève auprès du Département de Justice et Police pour que l’Etat use de son autorité pour collecter les affiches. Un procès-verbal précise : Je me permets de rappeler la question des affiches artistiques qui est en discussion depuis longtemps [barré : plusieurs années][13]. La Commission serait désireuse qu’un double de toute affiche posée sur les murs de la ville soit de droit et obligatoirement remise au Musée pour sa collection. Si l’ordre du Conseil d’Etat obtenu il y a quelques années par M. Bourdillon, Conseiller administratif, avait son effet, nous serions à l’heure présente en possession d’une collection de grand prix. N’y aurait-il pas moyen, en attendant mieux, de prendre un arrangement avec les afficheurs officiels, M. Matthey ou autre, en leur offrant un dédommagement pour chaque affiche remise. Je crois qu’un désir du Conseil administratif à ce sujet serait un ordre qu’on n’oserait enfreindre, surtout si le Directeur du Musée était armé en conséquence[14]

L’inG_Hantz-avant-19201tervention politique auprès du Conseil d’Etat  la part du Conseiller administratif André Bourdillon (1835-1912)[15] reste donc sans effet. Le Canton n’a d’ailleurs que peu de possibilités d’intervention en dehors de ses bons offices, comme le déplore Georges Hantz (1846-1920)[16]. Cette remarque du procès-verbal ne se concrétisera pas par de nouvelles démarches officielles. En tout cas, l’année suivante, André Bourdillon offre son importante collection d’affiches au Musée[17] ! Sa vocation de collectionneur d’affiches était-elle connue, a-t-elle joué un rôle dans les événements ? Les raisons et la nature de ce don restent inconnues, les archives du Musée n’en parlant pratiquement plus[18]. Dans son rapport de l’année suivante, Georges Hantz ne l’évoque pas alors que l’année précédente il regrettait que rien ne se passe. Très curieusement, le rideau retombe comme si rien n’était arrivé. Dans l’état de la recherche, la situation reste incompréhensible d’autant que ces affiches sont entrées au Musée des arts décoratifs et forment toujours le noyau de la collection actuelle d’affiches du Musée d’art et d’histoire.

En tout cas, dans le cadre de cette collection, la volonté politique se manifeste clairement, l’institution prend des initiatives, réunit un important fonds mais tout s’arrête là ou presque. Les rapports du Musée des arts décoratifs ne parlent désormais plus d’affiches pour des dizaines d’années sauf en 1908 avec l’achat de deux projets de Henry-Claudius Forestier (1874-1922)[19].

 

DE L’EPANOUISSEMENT DES COLLECTIONS D’AFFICHES

À la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième, la situation des collections d’affiches est paradoxale. Le Musée des arts décoratifs cherche à constituer une collection et souhaite disposer des conditions juridiques pour le faire. La Bibliothèque publique dispose des dispositions légales pour une collection mais refuse de le faire tant les affiches qu’elle possède l’embarrassent.

La Bibliothèque publique : une certaine inconscience patrimoniale

Comme précisé plus haut, cet embarras est partiellement réglé en 1907. Dès le Dépôt légal aboli, la Direction de la Bibliothèque – qui vient d’ailleurs de changer de nom pour « Bibliothèque publique et universitaire » afin de bien souligner sa dimension académique et scientifique, ce qui peut expliquer certaines dispositions – lance un appel par la presse pour rassembler les publications genevoises qui désormais ne lui parviennent plus gratuitement : [L’obstacle] est dans la quasi impossibilité d’avoir connaissance de tout ce qui paraît et de le recueillir à temps, non pas en ce qui concerne les ouvrages importants, mais bien les innombrables brochures, rapports, opuscules de tout genre qui sortent de nos imprimeries, qui très souvent ne sont pas mis en vente et dont une partie devient très vite introuvable. Est-il bien nécessaire, dira-t-on, de conserver toutes ces publications plus ou moins éphémères dont beaucoup semblent vouées à l’oubli ? Sans aucun doute, car elles constituent des documents, et c’est avec elles que l’on écrira l’histoire de notre temps[20]. De ce souci patrimonial très vif,  – qui montre la nécessité sociale de telles collections et qui justifient comme jamais l’importance des ephemeras –, les affiches manquent. Pourtant elles répondent aux critères cités[21]. Sans cadre législatif, la Bibliothèque ne se préoccupe pratiquement plus de leur sort pendant soixante ans.

Pourtant, dans les années 1920 et 1930, la Chancellerie reçoit toujours des affiches politiques pour autorisation. Elle remet encore quelques rouleaux à la Bibliothèque qui ne sont même pas ouverts[22]. En 1933, le fonds d’affiches apparaît enfin dans les archives de la Bibliothèque. Le rapport annuel fait mention de sa mise en portefeuilles par des chômeurs. L’effort de conservation à relever tant il est nouveau mais il reste limité puisque le tout est relégué aux combles et oublié. Cependant, quelques rares affiches parviennent à la Bibliothèque. Celle-ci crée une cote spéciale pour les regrouper par format et par origine dans de grands meubles en bois[23], comme celles de l’Université de Genève. Certaines encore plus rares jugées intéressantes font parfois l’objet d’une fiche au catalogue général. Cette évolution ne masque pas le désintérêt qui est encore de mise contrairement aux placards de l’Ancien Régime qui disposent d’un statut patrimonial abouti. En effet, la Bibliothèque en achète en 1928 un important fonds des 18e et 19e siècles[24] qui est catalogué selon la Bibliographie historique de Genève au XVIIIe siècle d’Emile Rivoire[25].

courvoisierDans les autres institutions, rien ne change. Les Archives d’Etat continuent à collecter les placards officiels avec régularité, la bibliothèque du Théâtre reçoit parfois des dons, comme en 1914 le fonds d’affiches H. Jarrys, sans doute l’imprimerie Jarrys[26]. Au Musée des arts décoratifs, les efforts de 1895-1896 restent sans lendemain. Il reçoit en 1914 deux affiches du Centenaire de l’entrée de Genève dans la Confédération de l’imprimerie Sonor, signées de Jules Courvoisier (1884-1936)[27]. En 1921, il perd son indépendance et devient un département du Musée d’art et d’histoire. Sa collection d’affiches sera gérée par le Cabinet des Estampes, devenu le Cabinet des arts graphiques. Rien ne se passe plus en matière d’affiches alors que – et il faut le souligner – la création à Genève et en Suisse atteint des sommets dans l’art du graphisme qui rayonne internationalement.

Un nouveau départ en Suisse et à Genève

borgeaudEn 1969, la nouvelle loi sur le Dépôt légal change complètement la situation. Le dépôt obligatoire à la Bibliothèque d’un exemplaire des livres et autres documents publics imprimés ou édités à Genève redevient obligatoire. Par la volonté expresse du directeur de l’époque, Marc-Auguste Borgeaud (1905-1978), les affiches illustrées y sont intégrées. La collection de la Bibliothèque repart donc sur de nouvelles bases d’autant plus favorables que dans les années 1970 et 1980 l’affiche suisse est redécouverte.

A Zurich, Karl Wobmann (1925-2014), directeur de la collection d’affiches du Kunstgewerbemuseum (aujourd’hui Museum für Gestaltung) travaille de manière unique à la reconnaissance de l’affiche, notamment à travers ses publications et ses expositions. L’affiche suisse lui doit beaucoup. Les autres collections publiques entrent dans la même dynamique, comme le Museum für Gestaltung de Bâle avec Rolf Thalmann. wobmann2006En matière de collection privée, Bruno Margadant rassemble un ensemble exceptionnel d’affiches suisses et publie plusieurs ouvrages qui trouvent une large diffusion et constituent des références.

En Suisse romande, la Bibliothèque cantonale valaisanne – aujourd’hui Médiathèque Valais – relance sa collection d’affiches et sa méthode fait école, notamment pour la Bibliothèque publique et universitaire de Genève[28]. A Genève justement, le conservateur du Cabinet des Estampes, Rainer Michael Mason, porte une attention soutenue à l’affiche, dont il reprend l’inventaire, restaure et développe la collection. Il fait une exposition marquante concernant quatre graphistes genevois[29]. Toujours à Genève, dès 1977, Jean-Daniel Clerc, directeur de la Galerie Un Deux Trois, entreprend un important travail de valorisation de l’affiche sur lequel la Bibliothèque publique et universitaire s’est notamment appuyée. Mais ce mouvement compte des exceptions et non des moindres. A cette époque, la Bibliothèque nationale suisse, par manque de moyens, ferme son exceptionnelle collection qui n’est plus accessible durant de nombreuses années.

La collection d’affiches de la Bibliothèque de Genève connaît elle aussi un nouveau départ avec la volonté politique manifestée par la loi sur le dépôt légal de 1969. Une convention est établie entre l’Etat et la Ville pour donner les moyens à la Bibliothèque d’assumer son rôle d’institution dépositaire. Sous l’impulsion du conservateur du Dépôt légal Paul Waeber (+1992), un accord est conclu avec la Société générale d’affichage qui remet un exemplaire de chaque affiche genevoise. Il est revu, précisé et relancé au début des années quatre-vingts, époque où la collection est reprise en main et son statut finalisé. Cette collaboration fonctionne aujourd’hui sur le plan fédéral et plusieurs institutions en bénéficient.

paulchaix2005Le changement de 1969 est fondamental. Il implique les pouvoirs publics et une institution qui reconnaît enfin l’importance patrimoniale, documentaire et graphique des affiches et qui y consacre des moyens. Ainsi, en 1978, les affiches réapparaissent dans les objectifs de la Bibliothèque de Genève : le directeur Paul Chaix (1916-2005) précise dans l’introduction de son rapport annuel : Ainsi, la réorganisation des collections d’affiches nécessiterait un lieu de stockage et de consultation, ainsi que l’acquisition de meubles adéquats[30]. Cette remarque montre la volonté de la direction de faire de cet ensemble d’affiches une collection vivante parmi les autres. Dès la fin des années 1970 et le début des années 1980, elle fait l’objet d’une attention particulière qui prendre une ampleur certaine avec les décennies. En 1993, le directeur Gustave Moeckli inscrit un département des affiches à l’organigramme, moment important dans l’existence de la collection genevoise qui répond désormais pleinement aux critères d’une collection patrimoniale.

La collection de la BGE se trouve intimement liée au dépôt légal. Elle est donc centrée sur l’impression et l’édition locale. Cette mission s’élargit peu à peu à tout ce qui concerne Genève et le Genevois, comme tous les fonds de l’institution. La collection se développe d’abord sur ces deux piliers qui en amènent rapidement un autre. Il est difficile de collecter la création d’un artiste ou d’un graphiste genevois en se limitant à ce qui est imprimé ou même destiné à Genève. De même, les publicités des entreprises genevoises importantes prennent une dimension suisse ou même internationale. La collecte de ces affiches s’impose. Par ailleurs, les exigences de la mise en valeur et des expositions amènent aussi à présenter les œuvres d’autres régions qui ont pu influencer tel ou tel graphiste. Les limites genevoises se sont largement élargies et la collection a pris peu à peu un  caractère romand et suisse.

Toutefois, la collection de la Bibliothèque reste incomplète de toutes les affiches illustrées depuis leur apparition à la fin du 19e siècle jusqu’en 1970. Pour combler cette lacune majeure, une politique de récolte et d’achat est mise au point, des dons sont suscités. Une coordination des acquisitions se met en place avec le Cabinet des Estampes du Musée d’art et d’histoire et la Bibliothèque musicale. La Société générale d’affichage dépose deux importantes collections, celles de ses succursales de Genève et de Lausanne, qui comblent en partie ces manques. Enfin, un crédit d’achat est attribué aux affiches et d’importantes acquisitions sont effectuées. Depuis les années 2010, la collection d’affiches ainsi constituée fait l’objet d’une politique de conservation très active.

Des expositions, des publications, des travaux scientifiques et des conférences viennent enrichir l’offre culturelle et scientifique de la Bibliothèque. Le public est au rendez-vous. Malgré des moyens limités, une politique de conservation est entreprise avec l’acquisition de meubles et la restauration d’affiches sur le modèle – qui s’est révélé malheureux – de ce qui se faisait dans d’autres institutions. Les affiches politiques du 19e siècle – les plus demandées – sont microfilmées afin de permettre leur état de conservation n’autorise aucune manipulation.

Le catalogue de la collection est enfin établi, d’abord sur fiches puis informatisé. Dans les années 1990, sur l’idée d’Alain Jacquesson, directeur de la Bibliothèque de Genève, une collaboration fédérale entre les grandes collections patrimoniales est établie. La Bibliothèque nationale devient maîtresse d’œuvre du Catalogue collectif suisse des affiches, grande réussite de collaboration qui ouvre en 2001. Accessible en ligne, celui-ci permet à chacun d’accéder aux affiches de nombreuses institutions. Ce moment est une étape majeure qui solidifie les collections d’affiches, les coordonne et les rend accessibles comme jamais. Ce catalogue collectif constitue un des chapitres majeurs de l’histoire de la collection de la Bibliothèque de Genève mais également de toutes les collections suisses d’affiches. Un puissant pôle d’attraction est créé autour de ce média même si deux grandes collections manquent, celles du Museum für Gestaltung de Zurich et de la Schule für Gestaltung de Bâle. Il est à relever que cette mise en valeur des collections et ces facilités d’accès ont stimulé sur les affiches

 

DE L’UTILITE DES COLLECTIONS D’AFFICHES

Plus d’un siècle sépare l’entrée des premières affiches à la Bibliothèque de Genève de la création d’une collection patrimoniale solide. Cette histoire a concerné plusieurs générations, chacune tentant de répondre le mieux possible et avec les moyens disponibles aux attentes de leur époque. La marche vers la sacralité patrimoniale est longue et difficile qu’il s’agisse d’affiches, de livres, d’œuvres d’art, de monuments ou de sites. Elle n’aboutit pas toujours. Cette démarche n’a donc de sens que sur le long terme et que si elle implique tous les acteurs sociaux, le public, les institutions, les autorités. Elle nécessite une prise conscience collective et une implication partagée jusque au plus haut niveau. Le statut privilégié de « collection publique » doit être défendu en permanence pour la justifier et la rendre vivante et utile. Cette longue histoire – qui se poursuit – témoigne à quel point la prise de conscience patrimoniale prend du temps. Elle nécessite autant de patience que de moyens financiers et humains.

Mais finalement qu’apporte une collection d’affiches à la collectivité ? Faites d’images puissantes et de mots choisis avec le plus grand soin, porteuses de modèles et de modes, véhiculant les valeurs sociales dominantes, chargées de dits et de non-dits, réalisées (souvent) avec le plus grand soin graphique ou artistique, les affiches constituent une source historique et sociale exceptionnelle. A la croisée de l’économie, de la publicité, de la communication, de la politique, des arts décoratifs, des beaux-arts, de la psychologie, de l’urbanisme, elles offrent un miroir exceptionnel et unique de la société, une expression importante de l’histoire du graphisme et de la peinture. Source inépuisable de recherches, d’ouvrages ou d’expositions, elles intéressent autant les économistes, les psychologues, les sociologues, les historiens de l’art et des arts graphiques, les géographes, les linguistes. Elles permettent de mieux comprendre les communautés humaines, leur fonctionnement, leurs œuvres. Irremplaçables travaux qui ne peuvent exister qu’autant que des ressources existent et soient accessibles. Sans patrimoine, pas de mémoire.

Pour terminer sur les leçons de cette longue histoire, il faut relever le partage institutionnel assez frappant des collections d’affiches entre musées et bibliothèques. Les premiers fondent leurs fonds sur des considérations artistiques, les deuxièmes sur des critères documentaires. Les affiches font partie du patrimoine écrit, elles ont donc leur place dans les bibliothèques. Elles appartiennent également aux arts et aux musées. Selon les histoires locales, selon les besoins de l’enseignement soit un musée, soit une bibliothèque ont été chargé de conserver les affiches. Les collections réalisées se différencient souvent nettement mais, pour l’essentiel, se complètent tant il est vrai qu’il est impossible de conserver toutes les affiches produites en Suisse et que les diverses sélections opérées par les institutions finissent par s’enrichir mutuellement[31].

 

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[1] Les placards officiels ont fait quant à eux l’objet de plus de soin. Nous le verrons plus loin.

[2] Le patrimoine immatériel, de conception plus récente, est également concerné par ces remarques.

[3] du « Nom », comme diraient les Sumériens.

[4] Voir à ce sujet notamment : Jean-Charles Giroud, Gedächtnis, Kulturerbe und Bibliotheken. Mémoire, patrimoine et bibliothèques. Luzern, Verl. Hans Erni-Stiftung, 2010.

[5] Il s’agit de vingt plaques de tôles « Lois et actes des autorités ». Ces dispositions sont encore en vigueur aujourd’hui.

[6] Archives d’Etat, Genève, cote AEG, Travaux A 68, annexe 322.

[7] Compte-rendu de la Ville de Genève pour 1899, p. 267.

[8] Compte-rendu de la Ville de Genève pour 1868, p. 525.

[9] Procès-verbaux des séances de la Commission du Musée des arts décoratifs, 1885-1912 (AVG 340.C.6.1.1/1) : Séance du 4 mai 1891 : M. Revillod offre également au musée une affiche ancienne, illustrée. Séance du 5 juin 1893 à 5 heures à l’école d’horlogerie : achat d’un lot d’affiches pour 60 francs. Séance du 26 février 1894, Sur la proposition de M. Le Grand Roy, il sera demandé à M. Eggiman de nous remettre à l’examen pour une prochaine séance quelques spécimens, gravures et affiches de l’œuvre de Grasset.

[10] « Conseil administratif », dans : Journal de Genève, 24 juillet 1897, p. 3.

[11] Voir à ce sujet : « Exposition d’affiches, dans : Journal de Genève, 6 mars 1896, p. 2. « Exposition nationale de 1896 », dans : Journal de Genève, 16 juin 1897, p. 2.

[12] Compte-rendu de la Ville de Genève, Musée des arts décoratifs, p. 240.

[13] Cette hésitation est à relever car plus bas un « ordre du Conseil d’Etat »  datant de plusieurs années est évoqué. De quel ordre s’agit-il ? Nous n’avons rien retrouvé à ce sujet aux Archives de la Ville de Genève et aux Archives d’Etat. Cette remarque portée volontairement au procès-verbal a sans doute son importance. Est-elle à mettre en rapport avec la collection privée d’affiches d’André Bourdillon offerte l’année suivante au Musée ? Cette hypothèse ne peut être exclue mais ne peut encore être vérifiée. En tout cas le désintérêt manifeste du Musée pour l’affiche jusqu’en 1898 semble évident.

[14] Rapport sur la marche du Musée pendant l’exercice de 1898 (de la main de Georges Hantz, Archives de la Ville de Gneève, AVG).

[15] André Bourdillon, architecte diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, professeur d’histoire de l’art à l’Ecole des Beaux-Arts de Genève (1882-1908), conseiller administratif (1874-1882, 1889-1898), conseiller municipal (1876-1878), député au Grand Conseil (1880-1886- 1888-1890, 1892-1895), conseiller administratif de la Ville de Genève de 1889 à 1899, avait déjà été conseiller administratif et conseiller d’Etat. Il sera ensuite professeur à l’Ecole des arts industriels. Au moment où il démissionne des commissions de l’Ecole des beaux-arts et de la Bibliothèque publique, il fait don à la Bibliothèque de l’Ecole des beaux-arts d’une collection de gravures, dessins et photographies. Il est donc collectionneur et mécène.

[16] Procès-verbaux des séances de la Commission du Musée des arts décoratifs, 1885-1912, AVG 340.C.6.1.1/1 : Séance du 7 novembre 1898 : Des démarches seront faites auprès du Département de Justice et Police de notre canton par M. le délégué du Conseil administratif, chargé de l’administration du Musée des Arts décoratifs afin d’obtenir qu’il soit remis au Musée un exemplaire de chaque affiche ayant un caractère artistique déposées à l’Hôtel de Ville. Séance du 6 février 1899 président M. Piguet-Fages : M. le Président s’est occupé de la question des affiches et n’a pu encore arriver à une solution ; des raisons assez délicates ont empêché de mener à bien et plus rapidement cette affaire qui a cependant une grande importance pour le musée ; il espère toutefois pouvoir s’entendre avec l’Etat duquel ce poste dépend !

[17] Procès-verbaux des séances de la Commission du Musée des arts décoratifs, 1885-1912, AVG 340.C.6.1.1/1 : Musée des arts décoratifs de Genève, Donateurs 1885-1903 (AVG : cote 340.C.6.2.1/1 : 1899 : M. André Bourdillon : une importante collection d’affiches artistiques. En 1899, le Compte rendu de la Ville de Genève signale au registre des dons du Musée des arts décoratifs « une importante collection d’affiches artistiques » de M. André Bourdillon.

[18] Rapport sur la marche du Musée pendant l’exercice de 1899 (de la main de Georges Hantz). Ce rapport signale le don d’André Bourdillon mais sans précision, ce qui est étonnant dans la mesure où cet enrichissement majeur répond à la demande de l’année précédente de Georges Hantz.

[19] Compte rendu de la Ville de Genève, Musée des arts décoratifs, p. 146

[20] Voir cet appel : « Pour la Bibliothèque ». Dans : Journal de Genève, 30 novembre 1907, p. 4.

[21] Il ne faut pas faire de faux procès, cet appel évoque aussi les publications les plus éphémères et le souci patrimonial de nos prédécesseurs est très vif et les conséquences de l’abolition du DL est un problème majeur pour la collecte des documents.

[22] Ils ont été retrouvés intacts dans les années 1980.

[23] Gf 2072

[24] Compte-rendu de la Ville de Genève, Bibliothèque publique et universitaire, 1928, p. 63.

[25] Emile Rivoire, Bibliographie historique de Genève au XVIIIe siècle, Genève, Jullien, Georg, 1897-1935.

[26] Compte-rendu de la Ville de Genève, Bibliothèque du Théâtre, 1914, p. 214.

[27] Compte-rendu de la Ville de Genève, Musée des arts décoratifs, 1914, p. 147.

[28] Jacques-André Humair, L’affiche valaisanne, classement et catalogage de la collection d’affiches de la Bibliothèque cantonale du Valais, Sion, 1978.

[29] Roland Aeschlimann, Georges Calame, Roger Pfund, Gérald Ducimetière. Culture affichée, quatre graphistes genevois, Genève, Cabinet des estampes, 1982.

[30] Compte rendu administratif de la Ville de Genève, Bibliothèque publique et universitaire, 1978, p. 87.

[31] Il y a d’autres collections d’affiches publiques à Genève comme celle du Musée d’ethnographie (arrivée dans le cadre de la collection Amoudruz) et celle du Musée international de la Croix-Rouge qui se situent en dehors du cadre de cette étude.

Illustrations

Panneau réservé à l’affichage officiel. Genève, Plainpalais. 2017.

Affichage sauvage, Genève. Vers 1895.

Placard. Genève. 1792.

Bâtiment des Archives d’Etat de Genève.

Placard privé satyrique lié à la révolution de Genève de 1781. 1782.

Placard. Genève. Vers 1870.

Placard. Genève. 1879.

Emile Pinchart. Affiche. 1896.

Georges Hantz, directeur, Musée des arts décoratifs, Genève.

Jules Courvoisier. Affiche. 1914.

Marc-Auguste Borgeaud, directeur, Bibliothèque publique et universitaire de Genève.

Karl Wobmann, directeur de la Plakatsammlung du Kunstgwerbemuseum de Zurich.

Paul Chaix, directeur, Bibliothèque publique et universitaire, Genève.

Jules Courvoisier. Affiche. 1913.

 

 

 

 

 

 

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