Auguste Viollier (1854-1908), dit Godefroy, artiste, caricaturiste, affichiste genevois

Auguste Viollier (1854-1908), dit Godefroy

artiste, caricaturiste, affichiste genevois

 par Jean-Charles Giroud

 

Cet article est une version revue et complétée de celui paru dans la revue Musées de Genève, mai 1997, n° 344, pp. 14-22.

Les légendes des illustrations sont données à la fin.

Genève, Paris, Genève

IMG_0882-2Fils d’un pasteur intimement mêlé aux disputes religieuses du XIXème siècle, Auguste Viollier ne peut qu’hériter de son père un goût immodéré pour l’observation de la vie sociale[1]. En y ajoutant un grand talent de dessinateur, le sens aiguisé du ridicule et de l’humour, il deviendra un des grands caricaturistes suisses de son époque. Mais surtout, par sa capacité à faire travailler de nombreux artistes ensemble, son sens de l’initiative et de l’entreprise, il s’affirmera comme un des fondateurs majeurs du mouvement de l’affiche artistique suisse.

Né en 1854 dans une famille aux profondes racines genevoises, Auguste Viollier reçoit une éducation bourgeoise au Collège de Genève, en filière classique. De 1872 à 1875, il fréquente l’Université de Genève, en philosophie puis en sciences, mais ne termine pas ses études. Il en gardera une large culture qui lui rendra service tout au long de sa carrière. Ce timide pince-sans-rire apprécie l’ambiance des sociétés d’étudiants où il est très actif. Mais la peinture l’attire avant tout. En 1877, Viollier se rend à Paris et s’inscrit à l’Académie de Jean-Léon Gérôme (1824-1904). Il s’installe à la pension Vagnac, rue es Beaux-Arts, que d’autres artistes suisses fréquentent déjà : son ami et concitoyen Evert van Muyden (1853-1922) qui suit l’Ecole des Beaux-Arts depuis 1874, le Vaudois Eugène Burnand (1850-1921) et d’autres.viollier-peinture

En 1879, le père d’Auguste Viollier décède. Peu après, un autre Genevois Louis Dunki[2] (1856-1915) offre à Viollier l’hospitalité de son atelier comme il le fera pour d’autres compatriotes, Adolphe Potter (1835-1911), Alfred Serment et plus tard encore Henry-Claudius Forestier (1875-1922). Les dessins de Viollier se retrouvent vite dans les mêmes journaux que ceux de Dunki : Le Monde illustré, Paris illustré, L’Illustration. L’atelier connaît une chaude animation. Le soir, la bande genevoise s’élargit encore autour d’une terrasse de Saint-Germain-des-Prés. Des contacts se nouent avec d’autres illustrateurs, comme Théophile Alexandre Steinlen (1859-1923), Adolphe Willette (1857-1926), Auguste Lepère (1849-1918).

Si, durant sa période de formation, Viollier hésite entre le dessin et la peinture, son expérience professionnelle, son esprit et ses goûts le dirigent rapidement vers la caricature. Il peindra toute sa vie mais sa peinture reste marginale dans son œuvre. Il collabore avec La Caricature, Le Rire et Le Polichinelle. Ses dessins sont appréciés et sa renommée s’étend au point que Viollier devient un des brillants caricaturistes parisiens. Mais il n’oublie pas sa patrie genevoise. Il est officier d’infanterie et doit revenir souvent au pays pour accomplir ses services militaires. De plus, il présente régulièrement ses œuvres aux expositions municipales genevoises.

 

Au Carillon de Saint-Gervais

En Suisse comme ailleurs, les journaux satiriques foisonnent. Certains s’éteignent vite, d’autres durent longtemps[3]. Le Carillon de Saint-Gervais est de ceux-ci. Viollier y donne sa première caricature le 3 mars 1883. Il remplace peu à peu le jeune Henry van Muyden (1860-1936), frère d’Evert. Il adopte son premier pseudonyme « Georgina »[4]. Dès le 12 mai, sa contribution devient hebdomadaire pratiquement jusqu’en 1899[5]. Rien n’affectera cette fidélité, ni sa carrière à Paris, ni ses voyages, ni ses multiples activités.

IMG_0880-2Viollier veut marquer sa participation au Carillon d’une idée qui lui est chère et qu’il défend contre vents et marées : la caricature est un mode d’expression artistique à part entière. Elle exige de l’esprit, de la finesse mais surtout beaucoup de talent. Une caricature ne peut être réussie sans une composition solide et un bon coup de crayon. Ainsi dès 1883, le Carillon édite un recueil sur beau papier de toutes les caricatures de l’année. Les dessins de Viollier sont toujours d’une qualité soutenue (comme d’ailleurs ceux de van Muyden) et tranchent souvent d’autres journaux du même genre. De 1890 à 1892, il ironise périodiquement sur la faiblesse d’un caricaturiste issu du faubourg populaire de Saint-Gervais, Louis Bron (1863-1935), qui travaille sous le pseudonyme de « Guguss »[6].

Viollier accroche bien sûr les vedettes politiques : Antoine Carteret (1813-1889), Alexandre Gavard (1845-1898), Marc Héridier (1840-1919) et surtout Georges Favon (1843-1902). Son humour n’est jamais blessant. Au contraire, pétri de verve et d’esprit, il se remarque à une certaine modération. Viollier utilise parfois la technique des bandes dessinées inspirées directement de Rodolphe Töpffer (1799-1846).

IMG_0869-2Avec le temps, au détour d’une attaque, son esprit devient plus incisif, plus cruel pour les mœurs de la bourgeoisie notamment dans la vie conjugale et les mondanités. Ses allégories font penser à Adolphe Willette ou Lucien Métivet (1863-1930). Dès le 23 juillet 1887, il signe du pseudonyme de « Godefroy » qu’il utilise déjà depuis plusieurs années dans le reste de sa production. Son imagination semble sans limite, servie par une grande culture qui lui permet toutes les allusions, tous les raccourcis. Ses dessins sont tant appréciés qu’il publie plusieurs recueils artistiques sur la petite vie genevoise : Croquis genevois (Genève, 1885 et 1886), Mon ami Grimpionnet (Genève 1890). De faux dessins de Godefroy semblent même circuler[7].

 

Au cabaret du Chat Noir

Viollier mène cette intense activité genevoise en parallèle avec sa carrière parisienne. De plus en plus de journaux réclament ses dessins. En juillet 1887, il collabore avec Dunki à un numéro spécial du Paris illustré consacré au Tir fédéral helvétique que Genève accueille. Il publie également avec son ami une brochure de dessins consacrée à la Suisse Hans-Jacob à travers la Suisse (Genève, 1886). Il illustre avec Coll-Toc[8] et Fernand Fau (1858-1917) l’ouvrage de John Grand Carteret (1850-1927) Pensées d’un gamin de Pris par un écrivain pas bégueule mais anti-pornographe (Paris, 1888) des Fantaisies (Paris, vers 1890) avec notamment Caran d’Ache (1858-1909) ou, plus tard, avec Albert Guillaume (1873-1942), L’année fantaisiste (Paris, 1894) de Henry Gauthiers-Villars, dit Willy (1859-1931). Il est donc très bien intégré à la vie parisienne.

Mais son épopée dans cette ville trouve son point culminant au cabaret du Chat Noir. Contrairement à de nombreux Suisses de Paris attirés plutôt par le symbolisme ou d’autres mouvements littéraires et artistiques, Viollier a une naturelle sympathie pour Montmartre et son seigneur Rodolphe Salis (1851-1897). IMG_0855-2En 1887, il rejoint donc l’équipe que le patron du Chat Noir a rassemblée pour réaliser son journal : Steinlen, Caran d’Ache, Fernand Fau, Henri Rivière (1864-1951), etc. Sa première planche paraît dans le numéro 276 du 23 avril 1887. Il doit naturellement se mettre à l’esprit de la maison. Ses dessins du début semblent parfois forcés mais il trouve rapidement ses marques. Sans être jamais coquin ou polisson, son humour témoigne toujours de bon goût, d’originalité et de fraîcheur. Après quelques semaines, sa contribution devient régulière pour devenir presque hebdomadaire. Le numéro 305 du 12 novembre 1887 ne contient même que ses dessins.

Il a l’honneur d’illustrer une nouvelle de Salis écrite dans le style médiéval que celui-ci affectionne : La plaisante histoire d’un prebstre amoureux qui fust tellement escorniflé par un capitaine[9]. Ses mises en pages gagnent en élégance, comme celle de la Mésaventure d’un critique à Yeddo[10]. Il a une tendresse particulière pour les amoureux des temps passés, il se moque de la coquetterie féminine, découvre avec émotion, après Willette, la force et la richesse d’un personnage comme le Pierrot. En ces temps d’occupation de l’Alsace et de la Lorraine, il tombe parfois dans l’anti-germanisme. En 1887, il réussit à faire passer une planche consacrée au Tir fédéral de Genève. Dès mars 1888, sa collaboration devient plus épisodique et le 6 avril 1889, il donne sa dernière planche. Il est accompagné dans cette aventure par un autre Genevois, Louis Does (1859) qui collaborera longtemps encore au journal du Chat Noir.

Dans cette ambiance exigeante, Viollier doit donner le meilleur de lui-même. Il progresse beaucoup et affirme sa personnalité. Il travaille ses compositions, développe l’efficacité de ses scénarios, abandonne l’imagerie à la Töpffer pour des mises en page plus savantes. Il impose une manière originale de s’amuser sans utiliser les grosses ficelles des situations scabreuses. Cette expérience du Chat Noir le marque profondément. S’il s’amuse de l’esprit apparemment superficiel et fantaisiste du « chatnoirisme », il en retient également ce qu’il a de plus profond. Il n’oubliera pas la richesse des rencontres d’artistes de domaines et de milieux différents. Désormais, il cherchera à regrouper les talents artistiques les plus divers pour réaliser d’ambitieuses entreprises accessibles à tous.IMG_0871-2

Ces travaux l’occupent beaucoup. Il apprécie sans doute à sa juste valeur sa participation à l’équipe du Chat Noir. En 1888, La Caricature consacre un numéro entier à une de ses fantaisies, L’invasion des Barbares en Helvétie, allusion au tourisme et aux touristes. Il donne même neuf histoires en images pour le libraire et éditeur Albert Quantin (1850-1933) qui renouvelle l’imagerie enfantine avec les meilleurs artistes. Il collabore à d’innombrables revues françaises et suisses dont l’Illustration nationale suisse. Le Rire accueille également ses dessins.

Le succès d’Auguste Viollier est unique pour un artiste suisse. Il jouit d’une reconnaissance exceptionnelle. Ses caricatures se retrouvent dans les journaux satiriques de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, d’Allemagne et même de Russie.

 

A Genève, Le Papillon

Est-ce l’humour scabreux du Rire pour lequel il n’a aucune attirance qui pousse Viollier à éditer son propre journal ? En tout cas, en 1889, il fonde à Genève Le Papillon, journal fantaisiste hebdomadaire pour toute la famille qui traversera toutes les crises jusqu’en 1919. Il en bannit toute grivoiserie et exige de ses collaborateurs la meilleure qualité, tant dans le dessin que dans la partie rédactionnelle. Il regroupe autour de lui ses amis et collègues Louis Dunki, Louis Döes, Hippolyte Coutau (186-1946), Henry van Muyen, François de Lapallud qui forment l’équipe pionnière du journal. Il obtient même pour une collaboration exceptionnelle le soutien de Ferdinand Hodler (1853-1918). Au fil des années, d’autres rejoignent Le Papillon : Evert van Muyden, Henry-Claudius Forestier, Jules Fontanez (1875-1918). Viollier reprend également les dessins de périodiques français et anglais. Ainsi, il introduit les plus grands caricaturistes français en Suisse qu’il connaît pour la plupart personnellement : Job, de son vrai nom Jacques Onfroy de Bréville (1858-1931), Caran d’Ache, Albert Robida (1848-1926), Ferdinand Bac (1859-1952) et Steinlen. La partie rédactionnelle est largement assurée par Georges Pfeiffer (1835-1908) qui se cache sous le pseudonyme de « Gorgibus ». Certains textes semblent inspirés de Viollier, comme les aventures de Bobéchon au Lapin Blanc, allusion transparente au Chat Noir[11].IMG_0872-2

La plupart des artistes locaux dont Viollier s’assure la collaboration ont mené ou mènent une partie de leur carrière à Paris. Ils partagent les mêmes opinions et forment la jeune génération qui revient à Genève avec de grandes idées pour renouveler l’art. A travers Le Papillon, Viollier montre qu’il est possible de réaliser un journal amusant et spirituel sans recourir à un humour osé ou scandaleux. Pour Viollier, le respect du public représente une valeur fondamentale de son action. Cette attitude est sans doute à mettre en rapport avec son éducation protestante.

En 1890, Auguste Viollier épouse Hélène Annevelle, fille d’un commerçant genevois aisé et conseiller municipal[12]. Aussitôt, il emmène sa femme en voyage. Ils séjournent longuement à Paris puis à Londres. Dans cette dernière ville, il dessine pour la revue satirique Pick-me-up durant les années 1892-1893 sans que son activité au Papillon ou ailleurs en souffre. Viollier continue également à publier des recueils humoristiques avec  ses complices habituels comme Sous les armes (Genève, 1893) avec Dunki et Evert van Muyden.

 

Ombres chinoises au « Sapajou »

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IMG_0859-2Viollier veut faire souffler un vent artistique nouveau sur Genève. Conquis par le théâtre d’ombres chinoises qui fait la gloire du cabaret du Chat Noir, il décide de l’introduire à Genève. Après un premier essai couronné de succès en 1895 à l’Athénée, Viollier et ses amis se proposent d’animer ainsi l’Exposition nationale suisse de 1896 qui se tient précisément à Genève. Comme l’Exposition fait revenir de nombreux artistes genevois installés à Paris, Viollier peut associer au projet non seulement ses amis mais aussi des artistes d’autres tendances. Tout ce monde va s’enrichir mutuellement d’une manière très originale.
L’architecte visionnaire Albert Trachsel (1863-1929) construit le bâtiment et en décore l’extérieur, Forestier peint les frises de l’intérieur, Viollier, les frères van Muyden, Dunki, Potter dessinent et découpent les ombres chinoises, les écrivains Jules Cougnard (1857-1907), Edouard Rod (1857-1910) écrivent les pièces, Emile Jaques-Dalcroze (1865-1950) assure la partie musicale. Les meilleurs chanteurs sont engagés. Pour les problèmes techniques, Viollier s’adjoint même le responsable du Chat Noir parisien qui passe tout l’été à Genève. Par son exposition de peinture qui prend le contrepied des présentations officielles, le projet associe presque tous les jeunes artistes de Suisse romande. Cette phalange prend fait et cause pour Ferdinand Hodler dont les toiles sont systématiquement dénigrées ou discutées, notamment dans le cadre de son importante participation à l’Exposition nationale.

IMG_0862-2Le Sapajou veut divertir. Mais les artistes visent également des objectifs plus profonds dont témoignent toutes les pièces d’ombres jouées. L’affiche créée par Viollier est interdite à Neuchâtel (Le Sapajou, 1895). L’équipe n’en espérait pas tant et la publicité s’en trouve particulièrement réussie. Le succès est considérable même pour la tournée en Suisse romande qui suit.
Infatigable et excellent organisateur, Viollier double le projet d’un journal littéraire et artistique : Le Sapajou, organe hebdomadaire illustré des quadrumanes et du Landsturm. Du 12 décembre 1895 au 26 novembre 1896, il caricature, critique, amuse, agace dans le même esprit que Viollier insuffle toujours à ses entreprises.

 

Auguste Viollier, affichiste et directeur de la Société suisse d’affiches artistiques

IMG_0861-2La rénovation du mouvement artistique genevois se prolonge dans le Cercle des arts et des lettres fondé en 1897 par Viollier et ses amis. La volonté de renouvellement artistique est affirmée et les ambitions sont généreuses. On veut notamment construire une maison des artistes, premier élément d’une cité idéale nouvelle. Dans ce contexte, l’affiche artistique représente un enjeu particulier. Elle permet l’accès de tous à l’art. Elle doit donc embellir la rue avec un souci particulier de qualité artistique et de respect pour le public. Une nouvelle croisade commence[13].

viollier-salèveAuguste Viollier a connu à Paris les affiches de la glorieuse époque de Montmartre avec Jules Chéret (1836-1932), Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Adolphe Willette, Jules-Alexandre Grün (1868-1934) et tant d’autres. De plus, il possède dans ce domaine des idées et quelques expériences. Il dessine sa première affiche en 1894 pour les Chemins de fer électriques du Salève qui renouvelle le genre moins par sa composition que par son dessin, ses couleurs et son esprit. L’année suivante, il en compose une autre pour la Restauration de Saint-Pierre qui, quoique imprimée, n’est finalement pas affichée sans doute jugée trop libre[14]. Ces œuvres témoignent d’une influence marquée de Jules Chéret. Ces difficultés et interdictions montrent également combien l’esprit parisien – déjà tempéré par l’artiste lui-même – qu’amène avec lui Auguste Viollier est éloigné de la mentalité locale.

Durant l’Exposition nationale de 1896, les artistes du Sapajou veulent moderniser l’affiche suisse marquée par une production industrielle académique, répétitive et étriquée. Ils brocardent l’affiche officielle du Français installé à Genève Auguste Pinchart (1842-1920) jugée lourde et « pompière ». Lorsque l’occasion se présente, ils en réalisent de modernes et d’audacieuses. Pour l’Exposition ou pour Le Sapajou, Viollier en réalise à lui seul trois : celle pour la revue Le Sapajou (1895, interdite par la police neuchâteloise), celle pour le journal officielle de l’Exposition L’Exposition nationale suisse (1895) et enfin celle pour le Théâtre du Sapajou (1896). L’élan décisif est donné.
FullSizeRender (7)-2FullSizeRender (3)-2Une fois de plus, Auguste Viollier réunit presque toute l’équipe du Sapajou mais aussi d’autres peintres plus âgés dont Ferdinand Hodler. Tous s’associent en 1898 autour de la Société suisse d’Affiches artistiques, devenue plus tard Sonor, sorte de coopérative destinée à chercher des commandes d’affiches puis à les réaliser et les imprimer. A nouveau l’affaire est considérable. Auguste Viollier s’y investit totalement. Il dirige l’entreprise qui dépend entièrement de sa capacité à faire travailler les meilleurs artistes autour de lui, de son activité, de son entregent. Les commandes arrivent petit à petit. Le moment est important : l’affiche artistique moderne suisse est née.

Henry-Claudius Forestier, Jules Fontanez, Louis Dunki et bien sûr Auguste Viollier en sont les pionniers. En l’espace de deux ans, une grande expérience est acquise. Le marché genevois est peu à peu conquis même si les commerçants ne comprennent pas toujours l’intérêt d’une publicité soignée. A leur esprit montmartrois, ces premières œuvres ajoutent certaines caractéristiques originales : sujets simples refusant toute allusion érotique (l’affiche la plus audacieuse de Viollier Le Stimulant (vers 1900) reste en deçà de la plupart des affiches parisiennes), caractère patriotique nettement affirmé.

FullSizeRender (5)-2FullSizeRender (4)-2Absorbé par les questions administratives, financières et par ses autres projets, Auguste Viollier ne produit pas de nombreuses affiches qui sont au nombre d’une vingtaine. Mais il intervient régulièrement dans la production de la Société suisse d’affiches artistiques, ne serait-ce que pour donner l’exemple. Il travaille surtout pour ses  amis. Ainsi, pour le libraire Charles Eggimann (1863-1948), il réalise une affiche passe-partout pour lui permettre d’annoncer ses nouveautés (Ch. Eggimann et Cie, Genève, 1898). Pour un des lieux mondains de Genève dans lequel un de ses amis, Jules Cougnard est impliqué, il dessine Hôtel Beau-Séjour (1899). Pour la Société de Zofingue dont il est un pilier, il en compose deux (Société de Zofingue, 75me anniversaire, 1898, Société de Zofingue, Soirées, 1900) et deux, parmi ses plus célèbres, pour le Cercle des Arts et des lettres (L’Avare, 1900, La vie et la beauté, 1900). Il travaille également pour un des plus importants commanditaires d’affiches au monde de l’époque, l’entreprise américaine de machines à coudre Singer (Singer, 1900, Singer, vers 1905).

Il participe également à divers concours. Il se voit plusieurs fois primés en France et reçoit un troisième prix à un concours Peugeot. A l’important concours des Chemins de fer fédéraux suisses de 1903, son projet se voit attribuer un deuxième prix. Il se distingue complètement de sa production habituelle et s’inspire de sa peinture : une jeune femme appenzelloise en costume, tenant son livre de messe à la main, regarde pensivement son pays. viollier-appenzellIl est édité en affiche et est largement diffusé (Appenzell Schweiz, 1904). A ce concours, il est le seul des pionniers à être récompensé[15]. Ce prix prend pour lui une valeur particulière car il récompense un artiste visionnaire et entreprenant auquel l’affiche artistique suisse doit un lourd tribut.

Les affiches de la Société suisse d’affiches artistiques en général et celles d’Auguste Viollier en particulier s’inscrivent dans le mouvement international de l’Art Nouveau dont Genève devient un des foyers. Elles montrent une influence parisienne certaine, notamment celle de Toulouse-Lautrec, Chéret ou Grün. Elles démodent brusquement tout ce qui s’est fait avant elles. Les commandes dépassent peu à peu les frontières cantonales. Même la Suisse alémanique dominée par la production des imprimeries industrielles donne même des mandats aux Genevois. Celui qui deviendra un des plus grands affichistes suisses, Emil Cardinaux (1877-1936), voit une de ses œuvres reproduite par la Société suisse d’affiches artistiques.

 

Auguste Viollier éditeur du Passe-Partout

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En 1900, Viollier décide de doubler l’entreprise d’un hebdomadaire, le Passe-Partout, qui allie littérature, beaux-arts, fantaisie et humour. A nouveau, il veut montrer que la caricature est un art à part entière. Chaque numéro propose une illustration en couleur en pleine page accompagnée d’une partie rédactionnelle. La publicité finance le tout mais le Passe-Partout n’est gratuit que la première année[16]. Ce concept original rencontre un grand succès.

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Auguste Viollier réunit sa fidèle équipe d’artistes et d’écrivains. Dans une vision d’avenir, il associe également la photographie puisque chaque semaine durant presque toute la durée de vie du périodique Frédéric Boissonnas (1858-1946) présente une de ses œuvres. Le journal est également publié sur beau papier et les lithographies font l’objet de tirages spéciaux. Auguste Viollier, Henry-Claudius Forestier, Jules Fontanez, Edouard-Louis Baud (1878-1948), Edouard Vallet (1876-1929) l’illustrent. Jules Cougnard, Noëlle Roger (1874-1953), Edouard Rod, Jean Villet, Arthur Massé (1837-1916), Jean Viollette (1876-1964) et d’autres produisent des textes légers et humoristiques. Le travail d’édition repose totalement sur les épaules de Viollier.

Le Passe-Partout permet d’élargir l’offre publicitaire et le rôle de la Société suisse d’affiches artistiques. Celle-ci édite des lithographies originales, produit d’autres imprimés publicitaires, organise des expositions parfois audacieuses comme celle d’Albert Trachsel. Un travail de fond se réalise, une dynamique se crée. Des ouvrages de luxe réunissant les œuvres de plusieurs artistes deviennent possibles et son édités comme l’Album genevois (1901) qui connaît un grand succès.

IMG_0864-2Viollier – qui ne manque jamais d’idées – se lance en 1899 dans un projet de caricatures artistiques éditées en cartes postales, Le Plat du jour. A notre connaissance, il en reste une affiche (Le Plat du jour, 1899, quelques cartes postales et le titre d’une chronique d’actualité du Passe-Partout. Mais l’idée sera reprise ailleurs, comme en témoigne Jules Cougnard : « Viollier était un homme à idées. Il en soumit de fort originales aux éditeurs. Ceux-ci lui en « chipèrent » quelques-unes et on serait étonné d’apprendre que l’idée première de certaines feuilles aujourd’hui réputées appartient à Auguste Viollier. »[17] Cougnard pense sans doute à L’Assiette au beurre – nom qui semble rendre hommage au Plat du jour – publiée à Paris de 1901 à 1913.

 

La Salle Thelluson

Dans le sillage de cette intense activité, pour en quelque sorte l’aboutir, Viollier crée avec quelques amis la Salle Thellusson offrant deux lieux d’exposition, l’un permanent réservé plutôt aux arts appliqués, l’autre temporaire offrant des manifestations très diverses consacrées à la peinture, la gravure, l’affiche, l’illustration. Le Passe-Partout sert d’organe officiel. Grâce à cette salle, Viollier se trouve à la tête d’un ensemble d’activités qui permettent aux artistes de s’exprimer, de se faire connaître et de réaliser quelques ventes.

IMG_0875-2Auguste Viollier n’oublie pas de publier. Il illustre un texte satirique sur la culture de la bourgeoisie genevoise, Madame Duchosal aux concerts d’abonnement (Genève, 1905). Il réunit dans Le Nouveau Panthéon (Genève, 1908) les biographies illustrées de personnalités de la vie artistique, scientifique ou politique. Plus que conscient de l’importance de la collaboration entre artistes, il se lance en 1907 dans l’édition d’un important volume de bibliophilie Vacances d’artistes. Daniel Baud-Bovy (1870-1958) écrit le texte. L’illustration est confiée à une pléiade d’artistes dont Plinio Colombi (1873-1951) du Tessin et Giovanni Giacometti (1868-1933) des Grisons. Ce travail lui donne de gros soucis comme en témoigne sa correspondance[18]. Cet ouvrage, qui paraît en 1908, reste comme un témoignage unique de cette collaboration entre artistes suisses d’origines et d’horizons relativement différents.

Viollier cherche à élargir le mouvement qui porte tant de fruits à Genève. Les expositions de la Salle Thellusson montrent aussi cette volonté d’ouverture. Elles sont régulièrement consacrées à des artistes ou des groupes de Suisse alémaniques. Une des plus importantes est consacrée à l’affichiste autrichien Anton Reckziegel (1865-1936)  qui, travaillant quelques années en Suisse, donne à l’affiche touristique suisse un élan nouveau. Ses œuvres, pour la plupart imprimée par Hubacher à Berne, relèvent d’un académisme marqué qui lui vaut d’ailleurs quelques sarcasmes à Genève.

Tous ces engagements absorbent Viollier qui délaisse sa propre carrière artistique même s’il participe comme jamais à l’illustration des périodiques auxquels il est d’une fidélité à toute épreuve. Son dernier combat consiste à faire entrer l’art à l’école par des panneaux scolaires réalisés par les meilleurs artistes. Mais cette action ne rencontrera de succès que bien plus tard, dans les années 1930. Viollier fait à nouveau un travail de pionnier.

Le dimanche 29 juin 1908, lors d’une sortie familiale à bicyclette, Auguste Viollier est renversé par le tram près de chez lui. Il meurt sous les yeux de sa femme et de sa fille. Son décès est durement ressenti. L’émotion se mesure à la notice qu’Albert Choisy (1867-1957) rédige pour lui quelques années plus tard dans le troisième volume du Schweizerisches Künstler-Lexikon (Frauenfeld, 1913). Fait très rare, une page et demi lui est consacrée et mentionne toutes ses affiches ainsi que le catalogue complet des œuvres présentées à son exposition posthume au Cercle des Arts et des Lettres en novembre 1908.

 

Un fondateur de l’affiche artistique suisse

A travers ses caricatures, Viollier ne manifeste pas sa conscience sociale aussi directement que Steinlen, Fontanez, Forestier ou Vallet. Il s’amuse de la bourgeoisie avec l’œil expert de celui qui en fait partie et qui assume avec un certain plaisir son rang. Il reste de son œuvre sa volonté de mettre ensemble différents pour faire émerger des œuvres originales, accessibles à tous afin de faire progresser d’une manière ou d’une autre la société.

Dans cette marche en avant, l’artiste a une responsabilité particulière. Il doit tout investir, tout conquérir afin que chacun puisse avoir accès aux richesses de la culture, source de réflexion et de liberté. Il s’agit donc en permanence de faire sortir l’art du musée, des galeries ou des salons, milieux trop exclusifs. La caricature, l’affiche n’en sont finalement que les moyens pour que tout devienne prétexte à démarche artistique. La beauté doit pénétrer tous les aspects de la vie. En ce principe même, le mouvement que lance Auguste Viollier relève jusque dans ses fibres de l’Art Nouveau.

IMG_0857-2En effet, ces idées reflètent celles des courants idéalistes français ou allemands. Le Cercle des Arts et des Lettres fait d’ailleurs venir à Genève un des porte-paroles de ces mouvements, l’écrivain et critique français Charles Morice (1860-1919). Viollier réalise à cette occasion une affiche remarquée (La Vie et la Beauté, 1900). Par ailleurs, presque tous les artistes genevois de la génération de Viollier (sauf lui-même !) ont suivi les cours de dessin du peintre Barthélemy Menn (1815-1893) qui leur a transmis avec passion ses grandes idées sur le monde et l’importance de l’art.

Le terreau genevois semble favoriser la démarche de Viollier. Mais jamais celui-ci n’aura la tâche facile. L’ampleur des difficultés qu’il affronte quotidiennement se mesure à l’impossibilité pour quiconque de prendre sa succession. Une fois Viollier disparu, ses entreprises périclitent. Le Passe-Partout (dont le dernier numéro lui est consacré à titre d’hommage) disparaît immédiatement. La Société suisse d’Affiches artistiques est liquidée le 2 septembre. Elle est reconstituée l’année suivante sous le nom de Sonor. La Salle Thellusson vivote. Personne ne peut assumer le rôle dans lequel Viollier excellait grâce à ses relations, son dynamisme et son sens de l’humour.

Pourtant le mouvement qui inspire Auguste Viollier plonge de profondes racines dans l’esprit genevois. Il marque non seulement les beaux-arts, mais également les sciences humaines pour lesquelles les concitoyens de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) ont toujours eu une forte sensibilité. Faut-il aller chercher ailleurs les grandes idées qui sous-tendent la rythmique d’Emile Jaques-Dalcroze ou les théories pédagogiques et psychologiques de Théodore Flournoy (1854-1920), Edouard Claparède (1873-1940), Charles Baudouin (1893-1963). Et ce n’est sans doute pas un hasard si Viollier, à travers ses chroniques du Passe-Partout, tente d’attirer l’attention du public sur la richesse des aspects de la vie intellectuelle et sociale de la région présentée comme un Nouveau Panthéon.

Auguste Viollier peut être considéré comme un fondateur de l’affiche suisse, le premier et le plus important avec Johann Edwin Wolfensberger (1873-1944) à Zurich. Si l’affiche est avant tout un moyen publicitaire, elle ne peut se dispenser de considérer sa dimension artistique et sociale. De plus, elle ne peut s’établir solidement sans considérer les aspects financiers et techniques de sa production. Auguste Viollier ne conçoit l’affiche qu’intégrée à un vaste mouvement artistique qui intègre les arts appliqués et les beaux-arts, en premier lieu desquels la peinture et l’estampe. Cette idée globale est celle sur laquelle Wolfensberger, dès le début du 20e siècle, construit son entreprise incluant une imprimerie et une galerie dans un milieu beaucoup plus favorable que Genève. Ses liens et ses relations confiantes avec les artistes mettent ceux-ci dans les meilleures dispositions pour créer des affiches de la plus haute qualité. Un succès exceptionnel l’attend, d’une autre ampleur que ce qui se passe à Genève, mais de même nature. Durant ces années d’Art Nouveau, la production genevoise ne cède en rien à celle venue de Zurich même si elle est plus modeste en nombre.

Auguste Viollier et Johann Edwin Wolfensberger, deux acteurs de l’Art Nouveau en Suisse, représentent chacun une région linguistique et une mentalité. Ils apparaissent comme les créateurs et les piliers de l’affiche artistique suisse. Celle-ci leur doit beaucoup. Si le travail de Wolfensberger a toujours bénéficié d’une reconnaissance historique affirmée, celui d’Auguste Viollier a été largement oublié, en premier lieu par ses concitoyens.

 

[1] Auguste Viollier est le deuxième fils du pasteur Joseph Viollier et de Jeanne-Caroline-Adèle Vaucher. Son frère Louis sera l’architecte de la restauration de la cathédrale Saint-Pierre. Son autre frère Georges sera peintre. De nombreuses informations m’ont été fournies par un de ses descendants, Monsieur Adrien Viollier, qui possède d’importantes archives. Je l’en remercie chaleureusement.

[2] Arrivé à Paris en 1878, Louis Dunki se forme à l’illustration d’actualité. Vers 1880, il s’installe dans un atelier à la Rue Vavin. Au prix d’un travail acharné, il connaît un rapide succès et travaille pour les plus grands périodiques et éditeurs parisiens.

[3] Voir à ce sujet : Philippe Kaenel, « Pour une histoire de la caricature en Suisse ». Dans : Unsere Kunstdenkmäler, 1991, 4, pp. 403-442.

[4] Il s’agit peut-être d’une allusion au grand débat qui agite alors Genève : où doit passer la route menant au nouveau cimetière de Saint-Georges, sujet de la deuxième caricature de Viollier ?

[5] Durant l’année 1899, il laissera parfois la place à d’autres caricaturistes, mais il aura l’honneur de réaliser le dessin du dernier numéro du Carillon, le 30 décembre 1899.

[6] Le Guguss le lui rendra bien lorsqu’en novembre 1896, un autre périodique de Viollier, Le Sapajou, s’éteindra : « Guguss’ et Polyte sont heureux de pouvoir annoncer à leurs lecteurs que notre archi-sympathique confrère Le Sapajou vient d’augmenter considérablement son format ; au lieu de huit pages, il n’en aura dorénavant plus que six. Nos sincères félicitations à nos collègues de la haute gomme. Vive la boeufferie, y a rien de tel, c’est pour ça qu’on tient, nous !!! (Guguss’ au Grand Théâtre, 1896, 4e volume, n° 5, p. 80). Viollier s’attachera toute sa vie à démontrer le contraire.

[7] Voir à ce sujet : Le Papillon, 1911, n° 568, p. 10.

[8] Pseudonyme qui désignerait un duo de caricaturistes, Alexandre Collignon (1854) et Georges Tocqueville.

[9] Le Chat Noir, 1887, n° 305 et suivants.

[10] Le Chat Noir, 1888, n° 316, p. 3.

[11] « Bobéchon académicien ». Dans : Le Papillon, 1890, n° 28, p. 275.

[12] Trois enfants naissent : Renée en 1894, Jean en 1896 et Berthe en 1898. Jean Viollier deviendra peintre et, comme son père, partagera sa carrière entre la Suisse romande et Paris où il décèdera en 1986.

[13] Voir à ce sujet : Jean-Charles Giroud, L’affiche artistique genevoise, 1890-1920. Genève, 1991.

[14] L’exemplaire conservé à la Bibliothèque de Genève porte l’inscription manuscrite : « Projet de Godefroy (pas accepté) ».

[15] Jean-Charles Giroud, Les artistes suisses et l’affiche, Neuchâtel, Association des amis de l’affiche suisse, 2001, p. 71.

[16] Le Passe-Partout paraît de juillet 1900 à juillet 1908. Il est gratuit la première année. Dès la seconde, il devient bimensuel puis mensuel. Son nombre de pages augmente régulièrement, son format change plusieurs fois.

[17] Jules Cougnard, « Auguste Viollier ». Dans : Passe-Partout, 1908, juillet, n° 14, p. 4.

[18] Elle est conservée au Département des manuscrits de la Bibliothèque de Genève sous la cote Ms Arch. Baud-Bovy 42.

 

Légendes des illustrations

Hôtel Beau-Séjour Veyrier. Affiche. 1899.

Portrait d’Auguste Viollier.

Le repos du voyageur. 1882. Huile sur toile. 88 x 122 cm.

1885. Gouache et mine de plomb sur papier. 36 x 51 cm. Original de la caricature parue dans Le Carillon du 7 novembre 1885 (n° 45, p. 3). Le rôle de Napoléon lors de la retraite de Russie est occupé par Antoine Carteret (1813-1889). Parmi ses généraux se reconnaissent notamment les politiciens genevois (de gauche à droite) Jean-Antoine Viollier (1819-1896), Georges Favon (1843-1902), Alexandre Gavard (1845-1898), Moïse Vautier (1831-1899).

Ratelier national, Coup de la fin. 1892. Mine de plomb sur papier. 25 x 40 cm. Original de la caricature parue dans le recueil Le Carillon de St-Gervais, 1892.

Caricature de Rodolphe Salis par Auguste Viollier. Parue dans Le Papillon, 1890, n° 28, p. 275.

Les oies de Petit-Jean. 1888. Chromotypographie. 38 x 28 cm. Imagerie artistique Série 5, N° 5. Imprimerie-Librairie Quantin, Paris.

La grenouille et le boeuf (fable de La Fontaine). 1888. Chromotypographie. 38 x 28 cm. Imagerie artistique Série 6, N° 6. Imprimerie-Librairie Quantin, Paris.

Le Saint-Bernard, pièce lyrique en ombres chinoises présentée au Théâtre du Sapajou à l’Exposition nationale de 1896. Ici le tableau cinq paru dans la partition : Le Saint-Bernard, pièce lyrique de Jules Cougnard. Musique de Eugène Raymond. Chantée par Jean Saxod. Décors et ombres de Henri van Muyden et Henry-Claudius Forestier.

Vignette parue dans Le Sapajou. 1896. Encre de chine sur papier. 18 x 24 cm.

Le Sapajou. Affiche. 1895.

Menu du Cercle des arts et des lettres. Vers 1900. Lithographie. 28 x 23 cm.

Chemins de fer électriques du Salève. Affiche. 1894.

Grande liquidation Suter et Cie. Affiche. 1898.

Grands vins de Champagne. Affiche. 1899.

Soirée de Zofingue. Affiche. 1898.

Ch. Eggimann et Cie. Affiche. 1898.

Appenzell Schweiz. Affiche. 1904.

Fascicule du Passe-Partout. 11 juillet 1902, deuxième année, n° 26. Lithographie. 30 x 23 cm.

Publicité dessinée par Auguste Viollier parue dans ce même numéro.

E. Jacques. Des chansons. 1898. Couverture pour une partition d’Emile Jaques-Dalcroze. Lithographie. 31 x 23 cm.

Les amoureux au clair de lune. Vers 1890. Mine de plomb sur papier. 56 x 31 cm.

La vie et la beauté. Affiche. 1900.

2 réponses à “Auguste Viollier (1854-1908), dit Godefroy, artiste, caricaturiste, affichiste genevois

  1. Merci de fournir ce texte en ligne car la revue « Musées de Genève » n’est pas facilement accessible. J’ai découvert Godefroy par le biais de ses histoires sans paroles que j’apprécie beaucoup et que je collecte à l’occasion de dépouillements de la presse ancienne. Votre article m’a permis de découvrir une autre dimension de cet artiste.

    1. Merci pour votre commentaire que j’apprécie beaucoup. Godefroy est un dessinateur et caricaturiste exceptionnel. Il a lancé le mouvement de l’affiche artistique suisse mais il est aujourd’hui malheureusement complètement oublié.

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